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 Iorne, ou l'histoire d'un druide

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Cheveuxdefeu

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MessageSujet: Iorne, ou l'histoire d'un druide   Mar 06 Jan 2009, 18:08

3 années se sont écoulées, et pourtant la douleur est toujours là.

3 années pendant lesquelles le sentiment d'abandon a peu à peu laissé place à la résignation. La douleur s'est certes quelque peu estompée, mais les souvenirs sont toujours aussi vifs dans ma mémoire.

3 années que le Rêve émeraude nous est fermé, et que l'Esprit de Cénarius n'est plus là pour me guider - il nous avait pourtant prévenu, mais la brutalité de cette coupure a dépassé tout ce à quoi je m'attendais. Le Cauchemar reptilien a envahi le Rêve, et je ne peux rien à faire.

Tout avait pourtant si bien commencé...

L'enfance

De mon enfance, je ne me souviens pas de grand-chose de précis. J'étais l'un des nombreux enfants d'une modeste famille, au sein d'une tribu paisible au coeur des Serres-Rocheuses - vivant comme la plupart de chasse, de pêche et de culture, dans le respect de la Terre-mère nourricière et des traditions. Les évènements marquants de notre vie étaient les fêtes organisées pour marquer le passage des saisons, qui rythmaient nos vies comme celles de nos ancêtres. Les Chamans étaient les garants de ces traditions - je les regardais avec beaucoup de fascination.

Puis, le monde extérieur est arrivé jusqu'à nous.

Les gobelins tout d'abord, avec leurs machines bruyantes, qui se mirent à déchiqueter notre territoire. Nous ne pûmes les repousser, et notre terre bien-aimée prit le nom de Combe de la cisaille, tandis que nous nous repliâmes dans les hauteurs.
Les centaures, qui faisaient de plus en plus de razzias dans nos montagnes, dévastant, brûlant, pillant sans retenue...

La guerre

Puis, ce furent les orcs... Menés par un Tauren, qui les guidait vers les cavernes de l'Oracle, ils s'arrêtèrent à notre campement. Ce qui se dit autour du feu de camp de soir-là, je ne peux que tenter de le deviner - car nous, les enfants, avions été priés d'aller nous coucher. Le lendemain matin, on nous présenta leur guide, le Tauren nommé Cairne Sabot-de-sang, comme étant le nouveau chef spirituel de toute la race taurène - et ils repartirent.

Lorsqu'ils revinrent, de nombreux Taurens de notre village les suivirent - une guerre se préparait dans le Nord du continent, contre une menace dont nous n'avions jamais entendu parler: la Légion ardente. Mon père partit avec eux - j'étais très fier de le voir, les armes à la main, entourés de tous ces braves du village: la Légion n'avait qu'à bien se tenir, les Taurens arrivaient!! Et je ne comprenais pas pourquoi ma mère pleurait, il ne pouvait rien leur arriver, écoutez-les rire et chanter!!!

La vie continua. Les raids des centaures avaient cessé, et la vie avait repris son cours.

La fin de la guerre

Quelques semaines plus tard, un Tauren arriva. Il s'appelait Gart Cours-la-brume, et indiqua qu'une grande bataille avait eu lieu sur le Mont Hyjal - et que les forces unies avaient vaincu! Tout le village était soulagé, des cris de liesse furent entendus - mais Gart n'avait pas fini son histoire. Tandis que le village était suspendu à ses lèvres, il entreprit de raconter la bataille.
Pour ma part, je n'écoutais plus - je me précipitai sur la route par laquelle il était arrivé, m'attendant à tout moment à rencontrer mon père et ses compagnons, auréolés de cette gloire nouvelle, et voulant partager avec eux l'allégresse de la victoire...
Mais ils n'arrivèrent pas. Pas un des braves qui étaient partis ce jour-là ne revint.
Nous étions victorieux, certes, mais la troupe dans laquelle les gens du village avaient été affectés avait été massacrée - ils avaient tous volontairement donné leurs vies lors d'une attaque suicidaire pour gagner les précieuses secondes nécessaires pour faire de la déroute de notre armée une victoire finale.

La nuit fut triste. Et pourtant, pas une voix ne s'éleva pour crier sa haine - car vie et mort font partie de notre destin.

L'exil

Le lendemain, le village se réunit, et la décision fut prise de quitter ces montagnes pour rejoindre ce qui allait devenir la future grande nation taurène. Le chemin fut long et triste...
Nous quittâmes les Serres-Rocheuses, puis nous rejoignîmes les Tarides avant de prendre plein Sud jusqu'à un petit col, de l'autre côté duquel je vis une chose extraordinaire: des herbes à perte de vue. Du vert partout... J'étais émerveillé, époustouflé par la découverte de Mulgore, moi qui n'avais jamais quitté le village et les montagnes arides tout autour.

Au fur et à mesure que nous avancions, le silence se faisait, et je remarquais que mon émotion état partagée par de très nombreux compagnons de route.
Nous parvînmes finalement au bord d'un lac, le lac Taureau-de-pierre - et d'un accord tacite, mes compagnons décidèrent de s'y installer et de refonder leur foyer sur les rives de ce lac.

Le nouveau foyer

Gart Cours-la-brume nous indiqua qu'une grande communauté de taurens s'était implantée un peu plus à l'Ouest autour de notre nouveau chef, le fameux Cairne Sabot-de-sang, aux pieds des Pitons-du-tonnerre, et qu'il allait leur indiquer notre décision. Mais je ne fus guère surpris de le voir revenir quelques jours plus tard, accompagné de nombreux taurens les mains chargées de planches et autres madriers - et avec leur aide, en quelques jours, le village fut installé. Il fut nommé Sabot-de-sang.

Beaucoup d'entre eux restèrent sur place, et de nombreuses unions naquirent de la rencontre entre les veuves et les orphelines de mon village d'un côté, et les artisans venus les aider à refonder un foyer de l'autre. Gart lui-même se lia avec une de mes cousines, et certains partirent vers le Sud de Mulgore pour aller fonder un autre village, qu'ils nommèrent Camp Narache. - qui allait devenir plus tard le centre d'entraînement de l'armée taurène.

La vocation

Tandis que je grandissais, je devenais de plus en plus proche de Gart. Mais ce dernier était très souvent absent - et il me dévoila un jour les raisons de ses absences.
Il m'expliqua qu'il suivait l'enseignement d'une nouvelle voie dans l'étude de la nature, la voie des druides.
Il me conta que l'attaque de la Légion a laissé une terrible cicatrice dans l'ordre naturel et que les druides essaient de la refermer. Ils étaient assistés par l'Esprit d'un être d'essence divine, un nommé Cénarius. Ce dernier avait succombé sous les coups d'une troupe d'orcs ivres du sang de Mannoroth, un démon très puissant - mais si son corps physique était mort, son esprit a pu subsister dans le Rêve d'émeraude, un domaine onirique accessible aux seuls druides.
Les Druides obtiennent leur pouvoir de la terre elle-même. Ils deviennent des agents de la nature en s'alliant à toutes les créatures et en tirant leur pouvoir de cette alliance.

Je l'écoutais pendant des heures. Je le regardais, fasciné, me montrer les quelques tours qu'il était capable de faire. Et lorsque le jour fut venu de décider de ce que j'allais devenir, je n'eus même pas à réfléchir: je serai druide.

L'apprentissage

Gart avait été nommé Maître des apprentis druides à Camp Narache - il prit soin de ma formation et m'ouvrit l'esprit à cette voie, m'enseignant ce qu'il savait. Ce furent les plus belles années de ma vie.
Au fur et à mesure que je grandissais, j'acquerrais de plus en plus d'autonomie, faisant la fierté de mon instructeur.
Un soir, il me convia auprès de lui, pour me dire que l'heure était venue pour moi de découvrir le Rêve émeraude, qu'il pensait que j'étais enfin prêt.
Il me recommanda de ne JAMAIS me laisser distraire par ce que je verrai, de toujours rester à côté de son esprit pendant la visite - car de très nombreux pièges attendaient le novice, et nombreux étaient les apprentis définitivement perdus dans les méandres car trop téméraires ou distraits.
De ce que j'y vis, je n'ai pas le droit de parler et n'en parlerai donc pas. Sachez juste que cette première visite fut à la fois époustouflante et terriblement angoissante...
J'en retirai d'immenses enseignements, une compréhension de mille et une choses insignifiantes et pourtant indispensables - et surtout, j'y côtoyais l'Esprit de Cénarius, cet être légendaire, qui y avait trouvé un refuge lorsque son corps physique avait été vaincu par Grom Hurlenfer.

L'esprit de Cénarius

Bouleversant... Tant de bonté, tant de pouvoir, tant d'indulgence, tant de patience... Mille fois je retournais dans le Rêve pour le trouver toujours disponible. Son enseignement fit de moi ce que je suis. Il m'apprit tant de choses, et me fit entr'apercevoir tellement de merveilles, que je rechignais parfois à le quitter, à revenir dans la réalité. Et à chaque fois il savait trouver les mots justes pour me convaincre.
Je n'avais de vie que pour lui plaire - et le moindre froncement de ses sourcils me faisait vivre un abîme de honte.

Le Cauchemar reptilien

Mais il y a 3 ans, tout ceci prit fin. Je sentais bien que Cénarius devenait distant, et je me mettais en cause, pensant lui déplaire pour une raison ou une autre.
Mais il n'en était rien, et il nous l'apprit un beau matin...

Le Rêve était touché. Ce lieu en dehors de toute réalité subissait une attaque perfide et sournoise, et les plus fidèles lieutenants d'Ysera avaient succombé à cette perversion. Ysera avait pris la décision de fermer l'accès de son domaine aux druides, afin de ne pas propager ce mal, et Cénarius était chargé de nous apprendre cette nouvelle. Lui allait rester combattre la menace, et il nous dit que c'était la dernière fois qu'on allait se voir avant que ce mal ne soit vaincu. Il nous demanda de toujours respecter ses enseignements et de faire en sorte de continuer à soigner les plaies de notre monde.
Puis il nous chassa spirituellement, et je me retrouvais seul...

La vie depuis

C'était il y a trois ans. Je n'avais que très peu pleuré à la mort de mon père, parti en héros - mais devant ce nouveau coup du sort, je m'effondrais dans une dépression terrible.
Cela dura plus d'un an, dont je ne conserve quasiment aucun souvenir sinon une grande honte de ce que j'ai fait subir à mon entourage pendant cette période.
Si aujourd'hui je semble revivre normalement, et que je m'efforce finalement de rendre hommage à l'enseignement que j'ai reçu, je n'en garde pas moins au fond de moi un immense déception, un sentiment d'avoir été trahi, rejeté, sali...
Et il n'est pas rare que je subisse des crises d'amnésie, pendant lesquelles je perds le contrôle de moi-même. Ce que je fais pendant ces périodes-là, je préfère ne pas le savoir - même si le sang d'animaux que je retrouve sur moi me fait redouter le pire.

Hier encore, je me suis éveillé dans le camp d'Hemet Nesingwary, cet assassin de la pire espèce, chassant pour le plaisir, décimant et faisant décimer des troupeaux entiers pour le simple plaisir. Il m'a félicité et remercié - qu'ai-je donc bien pu faire, qu'ai-je donc bien pu dire...

Heureusement, il semble que quand je suis accompagné, je ne subisse pas ces crises.
Pourvu que cela dure.

Pourvu que ça dure...
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