I Les Anciens I

Forum de la guilde Horde - Confrérie du Thorium
 
AccueilFAQRechercherS'enregistrerMembresGroupesConnexion

Partagez | 
 

 Chronique d'un réveil douloureux

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Casuffit

avatar

Nombre de messages : 903
Age : 51
Date d'inscription : 04/05/2007

MessageSujet: Chronique d'un réveil douloureux   Ven 04 Mai 2007, 12:18

"Tu seras connu sous le nom de Nour, et tu me SERVIRAS!!!"

Ce cri résonne encore dans ma tête, dominant les battements fous de mon coeur. Les yeux grands ouverts, je fixe le plafond de l'Antre, le corps encore tremblant de ce cauchemar. La couverture en poil de sanglier toute fripée et déchirée est tombée sur le sol poussiéreux, témoin silencieux de l'agitation de cette nuit de sommeil qui vient de s'achever de si brutale manière.

Mes yeux papillotent, tandis que mon corps se détend progressivement, les images horribles s'estompant peu à peu. Je m'attendais certes à mal dormir, puisqu'il m'avait été signifié la veille que le temps était venu pour moi de partir pour Orgrimmar, afin d'y officier comme jardinier au service de Thrall. La consécration de mon travail passé, à entretenir patiemment les cactus de la Vallée des épreuves, afin que les nouveaux arrivants ne manquent jamais de pommes de cactus à cueillir pour satisfaire leur rite de passage auprès de Galgar.

Enfin détendu, je me décide finalement à me lever pour préparer mes affaires afin d'entreprendre le long voyage jusqu'à Orgrimmar. Quand je réalise soudain que quelque chose cloche...
Ma première impression, alors que je m'extirpe de ma couche, est vraiment étrange, bien que je ne parvienne pas à identifier d'où vient cette étrangeté. Et où sont donc passées mes chaussures de marche? Quelle est donc cette tenue rouge, posée sur le rebord de ma chaise? Où donc est passée ma tenue de jardinier - et surtout, un grand choc me saisit lorsque je réalise que la lettre de recommandation qu'avait rédigée Galgar à l'attention de Thrall était dans la poche de cette même tenue!
Ne voyant aucun autre vêtement, je revêts cette robe rouge et enfile les chaussures qui se trouvent au pied de mon lit, ces mêmes chaussures qui équipent tous les candidats au Rite de passage qui se déroule dans la Vallée des épreuves. A ma grande surprise, et pour la première fois depuis ma chute il y a plus d'un an et demi, je n'ai plus mal à l'épaule. Finalement, le chaman avait raison lorsqu'il m'avait dit que ça allait passer tout seul - quelle délivrance!
En sortant de l'Antre, je salue Gomek, qui me répond d'un air distrait. Je suis un peu surpris tout de même par sa réaction - car il sait que c'est mon dernier jour ici, et je suis vexé devant le peu de cas qu'il en fait aujourd'hui. La vie est ainsi faite, et les promesses d'amitié s'envolent comme les moineaux, semble-t-il, devant les aléas de la vie...

Mais je ne vais pas laisser cela gâcher cette belle journée et le plaisir de se sentir enfin bien dans son corps! Je me dirige alors vers Galgar, en lui disant que je ne trouve plus la lettre de recommandation qu'il m'a rédigée. Le regard interloqué qu'il me jette alors achève de me décontenancer, et lorsqu'il me dit d'aller parler à Kaltunk car tous les candidats doivent en passer par là, je reste planté devant lui de nombreuses secondes, abasourdi.

- Mais, Galgar... C'est moi, c'est Gaharn! Je ne suis pas un candidat!!
- Oui c'est ça et moi je suis Thrall. Allez voir Kaltunk, je vous dis.
- Mais... Je suis Gaharn! Gaharn, tu sais bien!
- Gaharn est parti ce matin pour Orgrimmar, n'essayez pas de vous dispenser de passer le rite, ou alors retournez chez vous et abandonnez l'espoir de servir la cause de la Horde un jour. Un de plus ou un de moins, ça n'est pas ça qui nous gênera.

La vérité prend la forme d'un coup de massue. Cette peau pâle... Ce sentiment de tout voir de plus haut qu'auparavant;.. Ces chaussures, qui me semblaient si grandes et qui pourtant me vont parfaitement, et cette étrangeté que je ressens depuis mon réveil... Ce corps n'est pas le mien!
Devant l'air obtus de Galgar, je me dirige machinalement vers Kaltunk, lequel me regarde arriver avec l'air de celui qui a répété mille fois la même chose et s'apprête à répéter une mille et unième fois son discours de bienvenue. Il me fait le sourire factice qu'il aborde en toute circonstance devant les candidats, et me montre l'Antre en me disant de me présenter à Gornek, et en me remettant un papier sur lequel je déchiffre le titre du message: "Nour, démoniste".

Alors que je m'évanouis, j'entends un rire démoniaque envahir ma tête, et répéter: "Tu me serviras!!!"


Dernière édition par Nour le Ven 07 Mar 2008, 10:21, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Casuffit

avatar

Nombre de messages : 903
Age : 51
Date d'inscription : 04/05/2007

MessageSujet: Re: Chronique d'un réveil douloureux   Mer 09 Mai 2007, 18:39

Lorsque je reprends conscience, ma première pensée est: quel drôle de rêve je viens de faire. Mais un rapide coup d'oeil à mes mains me fait retourner à ma triste réalité: j'ai beau les tourner dans tous les sens et les examiner sous toutes les coutures, ces doigts fins et délicats, qu'aucune cicatrice ni corne ne vient orner, ne sont pas les miens... Je reste figé ainsi, contemplant ces mains si fragiles, tandis que mille pensées se bousculent dans ma tête, insensible à mon environnement pendant de longues minutes. La lettre que m'a donnée Kaltunk trône sur la chaise à côté de ma paillasse, semblant me narguer.
Nour... Nour... Quel nom stupide!
Et démoniste? Alors que je ne connais rien du tout à la démonologie, et que lorsque je rêvais que j'étais moi aussi un héros, je m'imaginais en tant que chaman, proche de la nature, faisant appel à elle pour soigner les maux de notre Terre et terrasser mes ennemis!
Un rapide coup d'oeil autour de moi me réconforte - au moins, je n'ai pas un de ces diablotins pervers qui semblent accompagner tous les apprentis démonistes qui sont passés par la Vallée des épreuves! Et d'ailleurs... A quoi ça peut bien correspondre, un démoniste?

Lorsque je me plonge dans mon passé, je ne trouve pas de réponse à cette question.
Je ne me souviens pas du début de ma vie - les premiers souvenirs que j'ai sont ceux des camps d'internement de Loarderon. Certainement que j'ai été victime, moi aussi, de cette frénésie démoniaque qui a caractérisé notre peuple il y a quelques dizaines d'années et que j'ai combattu pour le Conseil des Ombres - sans même le savoir, sans même en avoir gardé un seul souvenir.
Mes premiers souvenirs sont des souvenirs de silence, des larmes, d'odeur nauséabonde... Les Humains ne fermaient même plus les barrières, et mon seul objectif alors était d'attendre le bol de soupe et le morceau de pain qu'on nous donnait quotidiennement.
Une semaine... Un mois.. Des années... Je ne sais pas combien de temps je vécus ainsi, avec comme seul modèle les autres orcs prisonniers, sans autre liberté que celle d'errer sans but du matin jusqu'au soir entre les palissades de notre camp - ignorant même qu'il y avait une autre façon de vivre.

Je me souviens aussi de ce jour, où un orc différent était arrivé, et nous a parlé de liberté. Il a dit qu'il allait créer une armée et redonner sa fierté à la Nation Orc, qu'il fallait qu'on se tienne prêt. Puis il est reparti, et la petite flamme qu'il avait suscitée en moi s'est éteinte aussi vite qu'elle s'était allumée. A quoi bon, pensais-je? Comment faire une armée avec les orcs que j'avais quotidiennement sous les yeux, qui n'avaient même pas la force de se défendre de nos geôliers lorsque ceux-ci nous frappaient injustement?

Et je me souviens de ce jour mémorable, qui restera gravé à tout jamais dans mon esprit et dans l'Histoire. Ce jour, où nous avons vu l'armée orc devant notre camp, une marée verte qui dévalait les collines, poussant des cris de guerre, et la panique qui a envahi le camp parmi les humains! Puis, de ce tremblement de terre qui allait faire s'écrouler les palissades du camp, et pour finir de la reddition des Humains devant Thrall et son Armée... Notre Armée...

Je ne vais pas refaire l'Histoire. Nous avons triomphé, puis nous avons embarqué sur ces navires volés aux humains, destination Kalimdor. Entretemps, j'avais appris mon métier de jardinier, et j'ai eu la chance de faire partie du groupe qui a débarqué en premier sur cette terre, et de contribuer à l'établissement de notre camp de base en ces lieux qui deviendraient plus tard Durotar.
Thrall, lui, n'est pas resté, et les livres d'Histoire racontent comment il a repoussé les démons qui voulaient détruire notre monde, et est parvenu à créer notre Nation.

Les démons ont tenté de détruire notre monde, voilà ce que j'ai retenu. Ils sont malsains et corrupteurs, et représentent l'antithèse de l'harmonie avec la Nature, qui est mon credo et ma conviction profonde. Quelle est donc la faute que j'ai bien pu commettre pour mériter un tel châtiment? Que puis-je faire pour mettre un terme à ce cauchemar?

Les larmes inondent mes yeux et coulent le long de mes joues, dissimulant avec miséricorde ces deux mots écrits sur la feuille, ces deux mots qui me hantent: Nour, démoniste.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Casuffit

avatar

Nombre de messages : 903
Age : 51
Date d'inscription : 04/05/2007

MessageSujet: Re: Chronique d'un réveil douloureux   Ven 04 Jan 2008, 18:07

(A noter que j'ai un peu modifié le passé de Nour, qui n'est plus issu d'un clan caché dans les montagnes d'Altérac, mais qui a fait partie à son corps défendant de la Horde du temps où elle était contrôlée par les démons)

De nombreux mois plus tard

Comme l'eau a coulé sous les ponts... Et comme le destin peut suivre parfois de bien étranges voies.
Je me souviens de ces premiers jours, durant lesquels j'avais refusé l'évidence. Ce diablotin maléfique que j'avais trouvé au pied de mon lit, qui riait de me voir si désespéré, et qui prenait un malin plaisir à lancer ses boules de feu sur tout ce qui bougeait - attirant l'attention de ces créatures alors même que je tentais de me faire discret.
Puis, ce marcheur du vide, qui apparaissait aussitôt que le diablotin disparaissait.
Je me souviens aussi du frisson qui a parcouru ma colonne vertébrale, le soir où la succube s'est dévoilée à moi, toute de perversion et de tentation et que je n'ai pas pu résister. Puis de cet infâme molosse, avide de mana et de magie comme seuls les elfes de sang peuvent l'être...
Et pour finir cet inventaire, Shaaghun. Le gardien corrompu, le redoutable guerrier démon, qui même aujourd'hui continue de me mépriser tout en m'obéissant.

Car le comble... Le comble est que ces créatures que je déteste m'obéissent aujourd'hui.
Fini le temps ou le diablotin s'évertuait à me gâcher la vie, en me réveillant en pleine nuit.
Fini le temps où la succube riait devant ma faiblesse lorsqu'elle jetait son dévolu sur moi et que je n'étais qu'un simple objet sexuel entre ses mains, privé de toute volonté.
Fini aussi le temps où le molosse aspirait mes forces magiques et s'en délectait, me laissant tel une coquille vide sur le sol.
Même Shaaghun, malgré ses paroles méprisantes, fait ce que je lui demande de faire et craint de me déplaire.

Quand je réfléchis à tout ce qui s'est passé depuis, je m'interroge - et je ne peux m'empêcher de penser que les elfes de sang qui m'entourent quotidiennement ont quelque chose à voir avec ce nouveau statut. Car je suis conscient que ce nouvel équilibre, c'est à eux que je le dois. Ils m'ont forcé à me remettre en question, ils ont su me donner confiance en moi. Jamais ils n'ont eu de pitié pour moi, et au contraire ils ont souvent mis leurs vies entre les miennes - m'obligeant ainsi à vaincre les démons intérieurs qui me hantaient en plus des démons plus visibles. Car si j'avais accepté d'être une victime, je refusais qu'ils le soient à leur tour.

J'ignorais posséder cette force de caractère, mais désormais et grâce à eux je sais l'exploiter. La voix intérieure s'est tue depuis longtemps maintenant, celle qui riait de la farce qu'elle m'avait imposée. La dernière fois que je l'ai entendue, c'était lorsque j'ai franchi le portail vers l'Outreterre. Elle me hurlait de faire demi-tour, mais je l'ai affrontée - et elle a cédé.

Dois-je l'avouer? Je prends même plaisir désormais à ce pouvoir qui me caractérise. Le Conseil des Ombres a bien tenté d'influencer mes choix, mais désormais je le combats - et ils ont appris à m'éviter.
Beaucoup de choses m'échappent encore - pourquoi l'âme d'un gnome prend-elle autant de place que celle celle d'un talbuk, par exemple? Pourquoi ne suis-je plus capable de capturer les fragments d'âme des créatures insignifiantes, alors même que j'en étais capable auparavant? Comment un ennemi auquel j'ai arraché une partie de l'âme peut-il revenir comme si de rien n'était sans qu'il ne s'en soit aperçu? De combien de fragments une âme se compose-t-elle donc???

J'ai accepté mon destin. Désormais, je suis Nour, démoniste - et désormais, je ne sers personne.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Narzyss

avatar

Nombre de messages : 316
Age : 33
Date d'inscription : 02/05/2007

MessageSujet: Re: Chronique d'un réveil douloureux   Mar 26 Fév 2008, 10:10

Narzyss s'approche distrètement de la table, prête à réclamer son déjeuné à l'aubergiste.
Elle s'installe d'un bout de la table et aperçoit un cahier à l'autre bout.
Elle se lève et va s'assoire près du cahier, le saisi, l'ouvrit et reconnu l'écriture de Nour.

L'aubergiste vint lui apporter son bol de gruau et elle posa aussitôt le cahier sur ses genoux, à l'abri des regards.
Elle remercia le brave homme et lui donna une pièce et attendit qu'il s'éloigne.

Elle ouvrit le cahier et lu son contenu.
Elle marmona pour elle-même :


- Je ne pensais pas qu'il nous avait en si grande estime ce vieux tétu...

Elle posa le cahier sur la table, vida le contenu de son bol, se leva et pris la direction de la sortie.

- Un objet sexuel hein... Hahahahaha

Elle s'éloigna tout en riant d'un rire chaleureux.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nox

avatar

Nombre de messages : 446
Localisation : Lune D'argent [Lyon]
Date d'inscription : 03/05/2007

MessageSujet: Re: Chronique d'un réveil douloureux   Mer 27 Fév 2008, 09:24

Toujours ivre au matin dans l'auberge qui servait de refuge à la Fraterie, Nox restait pourtant lucide. Jouant l'endormi ayant trop bu, il ne put s'empêcher de sourire en voyant que le Chevalier Narzyss Aubétoile était une sale petite curieuse. Bien entendu l'éclaireur Sin'dorei avait deja de puis des heures jeté un coup d'oeil discret à ce livre ... on ne laisse pas un livre sur une table, à moins de vouloir qu'on le lise. Lorsqu'il avait vu de quoi cela parlait, il reposa le livre en grognant et recommanda un pichait de "reveil du peon"
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://phenixdesang.easyforumpro.com/portal.htm
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Chronique d'un réveil douloureux   

Revenir en haut Aller en bas
 
Chronique d'un réveil douloureux
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» PKM : Diamant & Perle : Éveil des Légendes
» Réveil de mon lapin ????
» Holiday Celebration : The Feast of Winter Veil 18 décembre
» [Clip] Montage réveil de Mata Nui + Glatorian
» Ma chronique #5 sur le vin dans le magazine le Denturo

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
I Les Anciens I :: L'accueil [public] :: Le bar [RP]-
Sauter vers: