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 Il était une fois Cheveuxdefeu...

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Cheveuxdefeu

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MessageSujet: Il était une fois Cheveuxdefeu...   Mer 16 Juil 2008, 16:32

Vallée de Strangleronce... Empire de Gurubashi... Comme ces mots sonnent agréablement à mes oreilles!
Et pourtant, quelle amertume profonde m'envahit lorsque je laisse mes pensées vagabonder vers ces temps bénis, ces temps heureux de l'enfance...

Je suis l'une des nombreuses filles du grand chasseur Salan'lane, de la tribu des Sombrelance. Grâce à lui, je n'ai jamais manqué de rien durant mes jeunes années: les peaux qu'il ramenait étaient très convoitées, et nombreux étaient les voisins qui venaient profiter des résultats de sa chasse pour se nourrir à bon compte. Ma mère, ainsi qu'il se doit, a toujours été soumise à mon père, et a remarquablement su élever ses enfants dans le respect des traditions trolles: obéissance au chef de tribu, respect envers ses aînés, soumission envers le chef de famille et acceptation des sacrifices rituels. Notre clan était prospère, nos chasseurs et nos guerriers respectés, et les Esprits nous souriaient. Lorsque l'un de mes grands frères a été sacrifié, j'ai même eu le privilège de pouvoir manger une partie de sa cuisse alors que je n'avais que 6 ans - et pendant des jours, je m'en suis vantée auprès de mes camarades de jeu!

La vie, cependant, n'était pas si facile que cela. La jungle prélevait un tribut important à notre population, et seule la grande fécondité des familles trolles permettait le renouvellement des générations. J'ai ainsi vu partir 2 autres frères et une de mes soeurs, disparus dans la jungle, certainement dévorés par les animaux sauvages. Et la plus grande prudence nous était enseignée, afin d'éviter les pièges les plus grossiers que ce monde hostile avait à nous offrir comme mortel cadeau.

J'appris auprès de ma mère et de ses voisines et compagnes le rôle qui allait être le mien à l'avenir. A l'âge de 14 ans, déjà, de nombreux jeunes trolls venaient m'être présentés. Et si je m'amusais de leur gaucherie, j'étais impatiente du moment où mon compagnon définitif me serait attribué et où je pourrai enfin à mon tour mettre au monde des enfants et les élever pour en faire des trolls qui brilleraient dans la tribu.

Certes, je savais que de plus en plus de guerres tribales éclataient ici et là entre les différentes tribus trolles - nous-même n'étions pas épargnés, et de nombreux valeureux trolls Sombrelance avaient payé de leur vie ces conflits. Mais la guerre étant une affaire de mâles avant tout, je ne m'y étais guère intéressée. Et les morts de notre clan, lorsqu'ils étaient dévorés par nos adversaires, ne faisaient que renforcer la force de la nation trolle, de la même manière que lorsque nos familles dévoraient leurs morts à eux, cela accroissait notre bien-être à nous - ainsi va la vie après tout!

Mais c'était sans compter sans les Humains... Venus de Kul Tiras et parfois même de plus loin, de la lointaine Hurlevent, ils s'approprièrent la Vallée de Strangleronce. La vaillance de nos guerriers ne put rien, et nombreux sont ceux qui sont tombé au combat dans une tentative désespérée de les repousser, sans même être dévorés, leurs sépultures laissées à l'abandon et aux charognards... Nous dûmes abandonner notre terre pour trouver refuge sur des îles, loin de notre jungle nourricière.

Mais notre fuite ne faisait que commencer. Des nagas, et surtout des murlocs, nous harcelaient constamment. Notre tribu se faisait décimer peu à peu. Mon père, qui avait si vaillamment su tenir tête aux Humains et en avait dévoré plus d'un, tomba parmi les premiers - par chance nous parvînmes à récupérer son corps, et c'est en pleurant que l'on mangea son cadavre, devant un avenir qui s'assombrissait de jour en jour.

Un matin, à notre grand effroi, nous vîmes arriver 2 navires de guerre humains devant notre village. Tandis que ce qui restait de nos guerriers se préparaient au combat qui semblait inévitable, nous nous aperçumes que l'équipage de ces navires n'était pas humain, mais orc... Leur chef, un orc gigantesque répondant au nom de Thrall, demanda s'il pouvait accoster pour réparer ses navires, et en échange fournit des guerriers pour combattre à nos côtés. Notre chef, Sen'jin, accepta cette aide inattendue - et il sembla pendant un temps que notre tribu était sauvée, avec ces renforts inespérés.

Mais c'était oublier un peu vite la vilénie des murlocs... Ceux-ci, poussés par la mystérieuse Sorcière des Mers, une naga d'une grande puissance, firent un raid et parvinrent à capturer de nombreux orcs et trolls, dont Thrall et Sen'jin. Thrall parvint à se libérer ainsi que de nombreux trolls, mais il était trop tard pour Sen'jin: il avait été sacrifié sur l'autel des nagas.. Ma mère faisait également partie des trolls manquants..

Thrall revint donc parmi nous, et nous fit part de l'ultime vision de Sen'jin: nous devions tous partir avec lui, traverser l'océan pour y trouver une terre nouvelle sur laquelle nous pourrons reconstruire notre peuple. Le fils de Sen'jin, Vol'jin, notre nouveau chef, accepta - et c'est ainsi que les rescapés de notre grande tribu embarquèrent pour cette terre inconnue: Kalimdor. J'avais 15 ans, et j'étais orpheline dans une tribu décimée...

Je survécus au voyage, et nous accostâmes sur ces terres qui allaient porter le nom de Durotar par la suite, en souvenir du père de Thrall. La cohabitation avec les orcs, le sentiment de défaite, la rancoeur de devoir abandonner notre foyer, tout cela entraîna de profonds changements au sein de mon peuple. Nous abandonnâmes certaines de nos coutumes ancestrales, dont le cannibalisme qui choquait tellement nos nouveaux alliés. Le chamanisme prit le pas peu à peu sur le vaudou, et nous entreprîmes de cohabiter avec les Taurens sur cette nouvelle terre. Les îles des Echos furent notre nouveau foyer. Mon rôle semblait déterminé: en raison du faible pourcentage de femmes trolles ayant survécu, le repeuplement de notre tribu était une priorité - et je me réjouissais à cette idée.

Mais le Destin allait en décider autrement...


Dernière édition par Cheveuxdefeu le Mer 16 Juil 2008, 18:47, édité 1 fois
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Cheveuxdefeu

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MessageSujet: Re: Il était une fois Cheveuxdefeu...   Mer 16 Juil 2008, 18:47

J'étais orpheline. La coutume voulait que dans ce cas, ce soit le chef de la tribu qui décide du compagnon qui était attribué aux jeunes trolles - et Vol'jin m'attribua Nol'zane, l'un des fils du sorcier-docteur réputé Zalazane. Parmi toutes les trolles en âge de prendre un compagnon, il avait fallu que ça tombe sur moi... Non pas que Nol'zane soit laid - au contraire, son physique était plutôt avenant. Mais son comportement... A ses yeux, le monde entier avait été conçu pour le servir, et quiconque n'était pas d'accord se retrouvait rapidement avec un bras cassé ou une hutte enflammée... Et son père était toujours là pour le couvrir, usant de son influence pour faire oublier les plaintes. C'est donc résignée que je pris le chemin de sa hutte et que j'y emménageai mes maigres affaires. Notre relation fut à l'image de son caractère: brutale et sans aucune tendresse.

Par chance, je fus enceinte très rapidement, et je pus focaliser mon attention sur l'être qui grandissait en moi et oublier ainsi les mauvais traitements: ma vie prenait enfin un sens. Je recevais les coups et les humiliations avec stoïcisme, baissant la tête quand il le fallait, en me réfugiant dans cette relation unique qui me liait à l'enfant en train de grandir en moi. Mon ventre s'arrondissait de plus en plus, avec comme grand avantage que je n'intéressais plus mon compagnon et qu'il me laissait tranquille.

Pourquoi a-t-il fallu que je décide d'aller sur le continent ce jour-là, pourquoi?? C'était la première fois que je quittais nos îles depuis notre arrivée sur Kalimdor... La rumeur selon laquelle il y avait du cuivre sur la côte tournait déjà depuis de nombreux jours. Alors quand un groupe se forma pour tâcher de voir s'il y avait moyen d'en récupérer, je me joignis à lui et j'entrepris la traversée du bras de mer qui séparait notre île du rivage. Je n'étais pas une grande nageuse à l'époque, et mes compagnons me distancèrent rapidement. Tout-à-coup, une immense douleur au niveau du ventre me plia en deux, et je vis alors un nuage de sang qui s'échappait d'une affreuse entaille au milieu de mon ventre, ainsi que la cause de cette douleur : un crabe géant, un de ces clampants qui constituent avec les poissons le gros de notre alimentation, qui venait de se venger de la pire façon qui soit... Alertés par mon cri de douleur, mes compagnons entreprirent de revenir, mais ils étaient trop loin: déjà, l'une des pinces de mon ennemi avait saisi l'un de mes bras et tentait de le broyer, tandis que l'autre continuait à fouailler dans ma plaie ouverte.

Je sentais peu à peu le monde devenir flou autour de moi, la douleur elle-même s'estompant tandis que je m'abandonnais à ce monde cotonneux que constitue l'acceptation de son funeste destin, quand une pensée traversa ce qui restait de clairvoyance en moi: mon enfant était en train de mourir. Je ressentis alors une violente décharge, toute confusion abandonna aussitôt mes pensées, et tout mon être se tourna vers cette unique obsession: me protéger et éliminer la menace. Sans même savoir comment je m'y pris, un bouclier de glace se forma autour de moi, et le clampant se consuma dans un éclair de feu que j'entretenais encore et encore, tout à ma colère, à ma détermination, à ma haine... Puis les ténèbres me recouvrirent.

Lorsque je repris connaissance, j'étais allongée dans ma hutte. Une sourde douleur venait de mon ventre et de mon bras, mais je n'avais pas la force de faire le moindre geste - je replongeais presque aussitôt dans le sommeil.
Mon second réveil fut plus douloureux: je sentais qu'on me transportait sur une espèce de civière composée de branchages, et les moindres soubresauts réveillaient de douloureux lancements au niveau du ventre: une fois de plus, je perdis connaissance sous la douleur.

Je m'éveillais à nouveau dans une hutte que je ne connaissais pas, une jeune trolle à mes côtés. Lorsqu'elle vit que j'étais éveillée, elle entreprit de porter un linge humide sur mon front et de le passer sur mon visage, me demandant de ne pas chercher à bouger. Puis, elle me demanda d'attendre et sortit de la hutte, m'indiquant qu'elle allait revenir de suite. Elle revint avec Ken'jai, un troll connu pour être un excellent guérisseur, et Mai'ah, une trolle un peu excentrique que je connaissais de réputation. Ken'jai me demanda comment je me sentais, et entreprit de défaire le bandage autour de mon bras. Il eut un sourire en voyant la cicatrice, me félicitant de la solidité de mes os, puis refit le bandage. Puis il entreprit de découvrir mon ventre, avec de grandes précautions. Son regard croisa le mien, et l'étincelle de compassion que j'y lus répondit mieux que les mots à la question qui me hantait depuis mon réveil...

Ainsi, c'était fini. La fragile vie, qui avait tenté d'éclore en moi, s'était éteinte. Toutes les images que je m'étais inventées, de bonheur partagé, de tendre complicité, tout cela ne verrait pas le jour. Un immense vide m'envahit, et je ne cherchais pas à retenir les larmes qui s'écoulèrent de mes yeux, minuscules parcelles d'une infinie douleur... Mai'ah me prit la main, tandis que Ken'jai continuait son travail précautionneusement. Les élancements m'étaient indifférents, tant la douleur spirituelle dominait des douleurs physiques. Je pus enfin contempler la très vilaine cicatrice qui parcourait mon bas-ventre. Et lorsque je demandais s'il pensait que je pourrai avoir d'autres enfants à l'avenir, son regard plein de pitié, une fois de plus, me renseigna mieux que les mots terribles qu'il prononça: c'en était fini de mes rêves d'être mère un jour.

Il me fallut de nombreuses minutes pour parvenir à calmer les sanglots qui m'agitaient. Ken'jai s'absenta, et Mai'ah, qui n'avait pas lâché ma main durant tout ce temps, entreprit alors de me raconter les derniers évènements qui avait frappé notre communauté. Elle me dit que Zalazane, le père de mon compagnon, avait sombré dans la folie et avait entrepris d'utiliser la magie noire pour envoûter la tribu. Vol'jin avait évacué les trolls restants et lui avait abandonné les îles des Echos, et avait reconstruit un village sur la continent - ce village s'appelle désormais Sen'jin, en mémoire de son père. C'était là où nous nous trouvions. Mon compagnon, Nol'zane, n'importunerait plus personne: il était resté avec son père et avait été tué lors d'une tentative de reprendre les îles à Zalazane.

Puis, Mai'ah me demanda si je savais quel était l'objet de ses études. On m'avait dit qu'elle faisait des recherches sur la "magie", une sorte de pouvoir chamanique sans être chamanique, de force vaudou sans être vaudou - un sujet qui ne m'avait guère intéressée auparavant. Elle entreprit alors une démonstration: elle me montra un bol vide, puis entreprit de faire des gestes étranges au-dessus. Lorsqu'elle me présenta le bol à nouveau, à ma grande surprise, il était à moitié empli d'eau! Puis, elle se concentra et me demanda de toucher sa peau - à mon grand étonnement, celle-ci était d'un froid inimaginable! Et pour finir, elle posa un bout de cuivre sur le sol, puis refit quelques gestes : je vis alors une flamme partir de ses mains et veinr frapper le cuivre, lequel se mit à fondre sous la chaleur.

Elle me demanda alors si je me souvenais des circonstances de mon "accident". Malgré mon opposition à l'idée d'en parler, elle parvint par des questions subtiles à mener la conversation vers là où elle voulait en venir: à savoir, est-ce que je me souvenais de la manière dont j'avais éliminé le clampant et pu résister à ses assauts... Peu à peu, les images me revinrent : le bouclier de glace, le feu qui a consumé le crabe géant...
Avec un grand sourire, elle serra plus fort ma main dans la sienne, en disant: un enfant est peut-être mort, mais une magicienne est née...
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